Cinq des jeunes catholiques arrêtés sont accusés de complot visant à renverser le gouvernement

Eglises d’Asie

26 août 2011

Plus de vingt jours après le début des arrestations des jeunes catholiques des diocèses de Vinh et de Thanh Hoa [1], la police a enfin fait connaître les chefs d’accusations qui pèsent sur certains d’entre eux ainsi que leur lieu où ils sont incarcérés, soit le camp d’internement provisoire B 14, dépendant de la ville d’Hanoi. Il s’agit de Pierre Ho Duc Hoa, directeur d’une agence financière et membre du mouvement des chefs d’entreprise et des intellectuels catholiques, François-Xavier Dang Xuân Diêu, chef d’entreprise et membre du même mouvement, Pierre Nguyên Xuan Anh, professeur d’arts martiaux traditionnels vietnamiens, Nguyên Van Duyêt, ingénieur et membre de l’association des chefs d’entreprise catholiques et Jean-Baptiste Nguyên Van Oai, ingénieur également.

Les cinq catholiques arrêtés sont accusés de participation à des activités visant au renversement de la République socialiste du Vietnam. Selon les déclarations de la police, ils appartiendraient à un parti d’opposition, le parti Viêt Tân, dont le siège est aux États-Unis. Cependant dans une déclaration recueillie par la BBC (émissions en langue vietnamienne), le secrétaire général de ce parti, M. Ly Thai Hung, a déclaré que les jeunes catholiques arrêtés depuis la fin du mois de juillet n’avaient jamais eu aucune relation avec son parti.

C’est dans la soirée du 18 août, que les familles des cinq jeunes prisonniers, tous originaires de la province du Nghê An, ont reçu une lettre officielle de la Sécurité publique, datée du 11 août 2011. Le 23 août, elles ont pu se rendre au camp d’internement pour s’inscrire sur la liste des expéditeurs de colis de nourriture et de vêtements aux prisonniers. Mais les livres de prières qu’ils avaient apportés n’ont pas été acceptés. Selon les nouvelles obtenues par les familles, les jeunes catholiques internés jusqu’à présent, gardent bon moral malgré les nombreux interrogatoires.

Lors de cette visite, des informations non officielles ont pu être obtenues concernant les autres catholiques internés. On sait par exemple que le célèbre journaliste - blogueur, Paul Lê Van Son, est également dans ce camp. Vingt jours après son arrestation, aucun communiqué officiel n’avait donné les motifs de son incarcération ni son lieu d’internement.

On a appris également que trois des étudiants arrêtés à Vinh, à savoir Pierre Tran Huu Duc, Antoine Dâu Van Duong et Chu Manh Son, font l’objet d’une enquête en rapport avec l’article 79 du code pénal qui réprime la participation aux activités visant à renverser le gouvernement de la République socialiste du Vietnam. Ils sont internés dans le camp de Nghi Kim (province du Nghê An). Leurs familles ont été informées par la Sécurité publique que leurs enfants seraient libérés s’ils renonçaient à leurs activités répréhensibles. Les familles ont fait remarquer que les activités auxquelles participaient les jeunes catholiques (étude des sciences de la communication de l’Eglise, lutte non-violente contre la corruption, manifestation contre la Chine etc....), étaient des activités bénéfiques pour eux comme pour leur pays.

Aux dix catholiques arrêtés et incarcérés depuis la fin du mois de juillet, il faut ajouter désormais deux jeunes protestants, l’étudiante Dô Thi Luong et l’étudiant Hung Anh, arrêtés aux alentours du 18 août. Ils sont tous deux étudiants en langue étrangère, la première en allemand, le second en chinois. Ils ont participé à des sessions d’introduction aux sciences de la communication de l’Eglise au mois de juin dernier. Dô Thi Luong était proche de Paul Lê Van Son et avait rendu de fréquentes visites à sa famille après son arrestation. Hung Anh quant à lui, a mené de nombreuses activités militantes d’inspiration religieuse et publié des textes sur Internet [2].

Source : Eglises d’Asie

[1] Voir dépêche EDA du 19 août 2011

[2] sources : BBC ( langue vietnamienne), site des rédemptoristes (VRNs), VietCatholic News